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Bernard Chevalier est à la tête d’une colonie de 250 millions de vers ! |
Vénérés en Egypte au temps de la reine Cléopâtre, les vers de terre sont aussi d’infatigables laboureurs. Depuis 1985, Bernard Chevalier en élève des centaines de millions pour produire un engrais naturel aux vertus exceptionnelles : le lombricompost.
« L’eisenia fœtida Andrei », plus connu sous le nom de lombric est capable d’engloutir des quantités énormes de fumier naturel de cheval et de vache. Il produit ensuite par ses déjections l’engrais le plus fertile qui soit : le lombricompost.
Apparue en France dans les années quatre-vingt, la lombriculture continue de mobiliser quelques producteurs. Parmi eux, Bernard Chevalier. Propriétaire d’une ferme à Cléry-en-Vexin, dans le Val-d’Oise, il se lance dans l’élevage de vers en 1985 avec trois associés.
« La ferme produisait déjà le fumier, nourriture de base des vers rouges californiens. J’ai acheté un lit de 25 millions de vers pour la somme de 200 000 francs. Avec 1300 tonnes de fumier, on fabrique 500 tonnes de compost », explique le lombriculteur.
Vingt ans plus tard, la colonie attend 250 millions de têtes et son entreprise, Fertisol, est le premier producteur de lombricompost au monde, avec 700 tonnes d’engrais par an.
Parmi ses clients, le Baron d’Empain, l’Elysée, Matignon, mais aussi de nombreuses villes de France mais aussi à l’étranger, avec des points de vente en Suisse, en Allemagne, au Maroc.
Après la Chine, Bernard Chevalier s’attaque à un nouveau marché : l’Arabie Saoudite, visiblement intéressé par ce produit miracle.
Les résultats obtenus avec cet engrais naturel sont en effet extraordinaires : des salades de 2 kg, des abricots de la taille d’une balle de tennis. Le rêve de tout jardinier amateur…
Doublement du rendement et moins d’arrosage
« Alors qu’un engrais chimique contient 15 % de matière organique, ce fertilisant naturel en contient plus de 50 %, ce qui lui donne des vertus exceptionnelles. Quand une ville fait un massif de 5 000 m2, elle doit planter 90 000 plantes. En utilisant du lombricompost, ce nombre tombe à 50 000 plantes, soit 40 000 de moins. C’est deux fois moins d’arrosage et les traitements phytosanitaires sont supprimés à 70 % », souligne Bernard Chevalier.
Selon le lombriculteur, les fruits seraient également plus goûteux et les couleurs plus vives.
A l’instar des Egyptiens au temps de la reine Cléopâtre, Bernard Chevalier voue une véritable passion à ces vers de terre rouges. A tel point qu’il en conserve un spécimen dans une petite boîte depuis… 15 ans. « Les Américains qui sont à l’origine de la lombriculture m’ont dit en avoir gardé un 17 ans. Le mien a déjà 15 ans, je vais essayer de battre le record ! Aujourd’hui, on néglige complètement le potentiel des vers de terre. On parle de plus en plus de défense de l’environnement et malgré tout, on déverse des tonnes d’engrais chimiques dans les plaines ! Il va falloir revenir vers des méthodes moins agressives pour maintenir le sol naturel et vivant. Les vers nous aiderons à retrouver l’équilibre perdu ».
Le temps des Pharaons est peut-être loin, mais une chose est sûre, les Egyptiens étaient de véritables visionnaires en matière de défense de l’environnement.
Pour plus de renseignements, contactez Bernard Chevalier au 06 08 07 99 25.
Le lombricompost : secrets de fabrication
Il faut compter sept bons mois pour récolter ce précieux fertilisant. Avant d’être confié aux vers, le fumier est stocké trois mois afin de commencer son compostage. Il est ensuite broyé avant d’être déversé sur des lits de vers. Pendant quatre à sept mois, les lombrics transforment laborieusement le fumier en lombricompost. C’est en traversant le tube digestif du lombric que la matière organique contenue dans le fumier s‘enrichit d’une flore microbienne très active qui favorise la fabrication de phytohormone indispensable à la croissance des plantes.
Le lombricompost achevé à 90 % est ensuite placé sous des bâches afin que les vers terminent le travail.




